Des poules productives plus longtemps : la génétique au service d’un élevage durable

Prolonger la durée de ponte des poules est devenu un enjeu majeur pour une production d’œufs plus durable. Une étude basée sur des simulations stochastiques explore comment la sélection génomique et la réduction de l’intervalle de génération peuvent accélérer les progrès. Les résultats montrent un gain génétique significatif, notamment en fin de vie productive.

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Face aux enjeux économiques et environnementaux, l’allongement de la durée de vie productive des poules pondeuses s’impose comme une priorité pour la filière avicole. Aujourd’hui, les poules sont généralement réformées autour de 75 semaines en raison d’une baisse de ponte et d’une dégradation de la qualité des coquilles. L’objectif est désormais de dépasser les 90 à 100 semaines tout en maintenant de bonnes performances.

Pour y parvenir, la sélection génomique offre des perspectives prometteuses. Elle permet d’améliorer la précision de la sélection, notamment pour des caractères qui s’expriment tardivement, comme la persistance de la ponte. Parallèlement, la réduction de l’intervalle de génération peut accélérer le progrès génétique, mais soulève des questions quant à ses effets sur la diversité génétique.

L’étude s’appuie sur des simulations stochastiques comparant plusieurs scénarios de sélection, intégrant différents intervalles de génération et stratégies de génotypage. Les résultats montrent que raccourcir cet intervalle permet d’augmenter fortement le gain génétique annuel. Cependant, cette accélération s’accompagne d’une hausse du taux de consanguinité, dépassant parfois les seuils recommandés.

Un compromis intéressant émerge avec les schémas à générations chevauchantes, qui offrent un bon équilibre entre performance et maîtrise des risques génétiques. Par ailleurs, le génotypage des femelles, en complément des mâles, améliore significativement la précision des évaluations, en particulier pour les caractères observés en fin de cycle.

Ces travaux confirment le potentiel de la sélection génomique pour accompagner la transition vers des systèmes d’élevage plus durables. Ils soulignent toutefois la nécessité d’arbitrages fins pour concilier efficacité, diversité génétique et pérennité des populations.

Contact : Mathilde Doublet

Référence :
Mathilde Doublet, Frédéric Lecerf, Torsten Pook, Hervé Chapuis, Jérôme Raoul, Florian Herry, Sophie Brad-Fudulea, Gwendal Restoux, Florence Phocas, Sophie Allais. Stochastic simulations to optimize genomic selection for laying hens: impact of generation interval and genotyping in the context of extended laying period. Poultry Science, 2026, 106870, ISSN 0032-5791, https://doi.org/10.1016/j.psj.2026.106870.