De nouvelles perspectives grâce à l’étude du lien entre le microbiome intestinal et le comportement des poules pondeuses

Une étude récente publiée dans Plos One met en avant les liens entre le microbiome intestinal et les comportements de déplacement des poules pondeuses. Les équipes GiBBS et la plateforme @BRIDGe, en collaboration avec l’Université de Berne en Suisse, ont analysé comment la composition du microbiome intestinal est associée à l’utilisation des différents espaces d’un élevage sans cage à plusieurs niveaux.

Dans cette étude, nous avons examiné les relations entre la composition du microbiote cæcal et les déplacements des poules pondeuses. Des poules issues de lignées pures Hendrix Genetics ont été suivies en continue tout au long de la période de ponte de 18 à 60 semaines d’âge. La volière comprenait trois niveaux interconnectés : un niveau inférieur avec un accès à l’alimentation, l’eau et des perchoirs, un niveau intermédiaire avec les nids de ponte et des perchoirs et un niveau supérieur équipé également d’un accès à de l’alimentation, l’eau et des perchoirs. Les poules disposaient aussi d’un sol en litière et d’un jardin d’hiver accessible dès 21 semaines. 
Des différences dans l'utilisation de l'espace par les poules ont été observées, notamment des différences dans le nombre de visites et le temps passé dans le jardin d'hiver et les zones de litière. La caractérisation du microbiote, à l'aide du séquençage du gène 16S rRNA de 237 échantillons, a révélé une association (P < 0,05) entre la composition du microbiome et le nombre de visites dans la litière. Des différences significatives ont été observées entre les poules qui visitaient fréquemment la litière (> 30 fois/jour) et celles qui la visitaient moins souvent (< 10 fois/jour) dans cinq familles et sept genres bactériens. Il est à noter que les poules visitant moins souvent la litière présentaient une abondance accrue des taxons Coriobacteriales, Peptococcales, Oribacterium et Lachnoclostridium, taxons déjà associés au stress chez la souris, l’être humain et la poule.
Dans l'ensemble, cette étude offre de nouvelles perspectives sur le rôle potentiel du microbiote dans comportement de déplacements des poules, possiblement en lien avec leur niveau de stress.

Référence :
Cazals A, Gebhardt-Henrich S, Berger Q, Rossignol MN, Jardet D, et al. (2026) Exploring the relationships between the gut microbiome composition and movement patterns of laying hens in a multitier cage-free housing system. PLOS ONE 21(1): e0340059. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0340059